Star Wars Episode 7 vu par Blaster

Après les excellentes chroniques de Fansolo consacrées au nouveau Star Wars, Blaster prend le clavier pour partager sa vision du Réveil de la Force. Attention, cet article contient de nombreux spoilers.

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Star Wars Episode VII : le réveil de la Force est donc sorti au cinéma. Un événement pour les fans qui attendaient ce moment depuis 32 ans. Nourris à l’univers étendu, déçus par les éditions spéciales et les Prequels, nous espérions que JJ Abrams et la nouvelle direction de Lucasfilm sauraient trouver la voie de notre cœur.

Le réveil des amateurs de cinéma

L’Episode VII est avant tout un film de cinéma. Il multiplie les clins d’œil avec les classiques et apporte aux fans des moments d’intense satisfaction.

Malgré la longueur générale des affrontements entre personnages Force Sensitive, la scène de la confrontation entre Rey et Kylo Ren sur Takodana replonge le spectateur dans un âge d’or du cinéma. Quand Kylo Ren la rend inconsciente, l’empêche de tomber et la prend d’un même mouvement dans ses bras, on retrouve la patte de films dignes de La dernière séance, où un méchant pouvait hypnotiser une jeune fille pour l’enlever et la conduire dans son repaire.

En signant un film Star Wars de grande qualité, JJ Abrams a peut-être aussi réalisé ce qui aurait pu être un excellent Indiana Jones IV. Jamais Han Solo n’a été aussi proche de son alter ego archéologue. La scène à bord du cargo face aux gangs des Guaviens et du Kanjiklub donne l’impression de mettre Indy aux prises avec des contrebandiers du Shanghai des années 30. Ses interactions avec Finn sont bien plus abouties et charmantes que celles entre Indiana Jones et son fils dans le Royaume du crâne de cristal. C’est maîtrisé, respectueux et très drôle. Une réussite d’écriture, de mise en scène et de direction d’acteurs rarement vue (tout du moins récemment) chez Lucasfilm. Ce que Lucas et Spielberg n’avaient pas obtenu, JJ Abrams et Disney nous l’offrent sur un plateau : une sacrée surprise de Noël pour les fans !

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Là où JJ Abrams marque également des points c’est en réussissant le pari de raconter une histoire qu’on avait interrompue 30 ans plus tôt sans sombrer dans la frénésie explicative. Alors, certes, cela semble parfois un peu capillotracté, mais au moins ce n’est pas assommant et c’est assez proche de ce qu’avait fait Lucas en 1977. Contrairement aux Prequels réalisées par Lucas, JJ Abrams met de côté la politique et privilégie l’action et l’émotion. Les héros sont des personnages ordinaires au travers desquels on découvre ce qu’est devenue cette galaxie lointaine.

Malgré les grosses incohérences du scénario (au premier rang desquels figure le fonctionnement de Starkiller Base), Abrams réussit aussi à moderniser totalement la saga. L’esthétique du réalisateur se combine merveilleusement avec l’univers Star Wars et son utilisation de thèmes plus modernes comme la question du partage des ressources (nourriture et eau) sur Jakku est totalement maîtrisée. A voir les rations de végéviande on se demande s’il ne s’agit pas de « Soleil vert« . Vous savez, cette nourriture protéinée de substitution dans le film dystopique du même nom (Soylent Green en VO). La question est traitée proprement, simplement avec en plus des vaporateurs d’humidité qui, dans le décor, font penser à Tatooine. Le message s’appuie sur des éléments connus ou auxquels il est facile de s’identifier (le rationnement, la soif…) en empruntant des codes assez répandus dans la culture populaire. Quand Rey finit sa gourde, je ne pense pas au message publicitaire subliminal, mais aux multiples scènes où la soif tenaille des héros que ce soit dans Tintin au Pays de l’or noir ou dans Le Seigneur des anneaux : le retour du roi. A ces références s’ajoute bien sûr la question environnementale qui, en cette fin d’année 2015, ne manque pas d’interpeller.

Le réveil des femmes

Malgré les critiques, Star Wars a toujours (enfin presque toujours) mis en avant un nombre certes limité de personnages féminins, mais tous d’une rare qualité. Les leaders des mouvements de résistance à la Fédération du commerce puis à l’Empire et enfin au Premier ordre sont des femmes (Padme Amidala, Leia Organa et Mon Mothma). Cette fois-ci en confiant à Rey le rôle du candide qui découvre l’univers et le combat du bien contre le mal, JJ Abrams franchit un pas encore plus important. La charge qui pèse sur ses épaules est le produit de sa seule volonté. Aucune hérédité (pour l’instant), aucune charge ou haute fonction ne justifie qu’une simple fouilleuse d’épave trouve le sort de la galaxie entre ses mains. C’est parce qu’elle décide d’écouter la Force qu’elle accomplit de grandes choses. Notons qu’elle agit sans mentor. Contrairement à Anakin repéré/libéré par Qui-Gon Jinn et à Luke convaincu par Obi-Wan, son tempérament est déterminé et positif. Il est même très largement illustré par JJ Abrams qui lui donne bien des occasions de l’exprimer : quand elle refuse que Finn la tienne par la main par exemple, quand elle lui tend la sienne pour l’aider à se relever ou quand elle démontre ses talents multiples tout au long du film.

Elle est ainsi tout à la fois une survivante, une combattante, une pilote, une mécanicienne, polyglotte (elle comprend instantanément BB-8 et Chewbacca) et une utilisatrice efficace de la Force. On a rarement vu de personnage aussi talentueux dans l’univers Star Wars.

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Pour autant son personnage est des plus attachants. Indépendante et autonome, elle est à mille lieues d’Anakin ou de Luke. Capable d’une tendresse rarement exprimée jusqu’ici dans Star Wars, elle est exceptionnellement touchante assises à l’ombre de son AT-AT, casquée comme un pilote de X-Wing… Il se dégage de toute la planète de Jakku un air de Mad Max que la force tranquille de Rey humanise énormément. Aux côtés des personnages de Maz Kanata et de Leia Organa, Daisy Ridley incarne avec Rey une nouvelle étape du féminisme dans l’épopée space opera.

Star Wars: The Force Awakens..Rey (Daisy Ridley)..Ph: David James..© 2015 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved.

Star Wars: The Force Awakens..Rey (Daisy Ridley)..Ph: David James..© 2015 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved.

Il est d’ailleurs frappant de voir que si le Premier ordre s’est féminisé par rapport à l’Empire, les femmes y occupent, à l’exception notable de la pourtant décevante Captain Phasma, un rôle d’exécution. Dans la Résistance, au contraire, les femmes sont médecin, général, pilote…

Le réveil des fans

Mais Le Réveil de la Force est surtout un film en dialogue avec l’univers Star Wars.

Ces petits détails…

Ainsi certains détails font plaisir aux fans comme les emblèmes mandaloriens dans la cour du château de Maz Kanata, la sphère d’entraînement dégotée par Finn dans le Faucon Millenium, ou les masques à gaz quand une fuite se déclare dans le vaisseau…

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Le véritable nom de Kylo Ren relève aussi du fan service : Ben est certes un hommage à Obi-Wan Kenobi, c’est surtout le nom d’un des petits-enfants de Vader dans ce qui constituait l’univers étendu. Sauf qu’au lieu d’être le fils de Luke et de Mara Jade, il est ici celui de Han Solo et de Leia Organa. Je m’attendais presque à ce qu’il s’appelle Jacen, mais Ben convient très bien.

Une esthétique maîtrisée

En préférant maintenir la cohérence des inspirations entre le Premier ordre et l’Empire, Abrams et l’équipe créative de l’Episode VII ont puisé dans l’esthétique de la 2nde guerre mondiale. On retrouve les blasters impériaux modernisés (avec même un blaster lourd sur axe de steadycam comme les Colonial Marines d’Aliens), les uniformes du premier ordre avec les bandes cousues sur les manches et leurs manteaux de laine ajoutent à l’atmosphère, tout comme les bouées ajoutées sur les harnais de vol des pilotes de X-Wing : on les croirait sortis d’un épisode des Têtes brûlées !

 

Autre élément visuellement très important pour l’identité de la saga, ce portail vu sur Jakku pendant la fuite de Finn et de Rey.

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Il ne vous rappelle rien ?

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Eh oui, il était présent dans les dessins de pré-production de Star Wars réalisés par Ralph McQuarrie.  C’est d’ailleurs un élément repris par Dave Filoni dans la saison 2 de Star Wars Rebels.

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(The) Clone Wars et le Réveil de la Force

Le dialogue avec l’œuvre de Dave Filoni est assez nourri quand on y repense. Les parallèles sont fréquents comme les multiples gangs de pirates et surtout le cargo utilisé par Solo et Chewbacca. On se croirait dans un épisode de The Clone Wars.

Autre lien avec l’ancienne République,  le design du casque de Sidon Ithano qui rappelle furieusement celui de Durge. On reconnaît le capitaine dans le 2-pack dévoilé récemment sur le net, il s’agit du pirate que Maz recommande à Finn quand ce dernier veut prendre la fuite.

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Au final, ce Réveil de la Force signe le réveil d’une génération un peu assoupie de fans de Star Wars que les signaux faibles émis par Lucasfilm gardaient intéressés, mais qui attendait l’opus majus susceptible de rallumer la flamme de leur passion. On dirait bien que Disney ait tout fait pour réveiller les fans.

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10 Responses à " Star Wars Episode 7 vu par Blaster "

  1. Marc dit :

    Bonjour,
    Je ne suis pas aussi enthousiaste sur le film, mais je pense qu’il y a aussi des femmes dans le nouvel Empire et pas seulement Phasma: dans une scène dans la base, il y a un storm classique qui parle avec une voix de femme, du moins dans la version française.

    • Blaster dit :

      Bonjour Marc, je ne pense pas avoir écrit qu’il n’y avait pas de femmes dans le premier ordre mais qu’elles étaient à part phasma cantonnées à des rôles d’exécution.

  2. fabiento dit :

    Je suis assez surpris des retours positifs qui émanent du net, je trouve que c’est un film médiocre de son époque pour les jeunes d’aujourd’hui mais cet opus n’invente rien, ils se foutent de nous chez Disney ils ont recyclés l’épisode 4 comme c’est pas permis.
    Il y a beaucoup trop de raccourcis scénaristiques, le général Hux et Kylo Ren ont autant de charisme qu’une laitue quand on les compare à Moff Tarkin et Vador.

    Le fan service tue toute possibilité de scénario cohérent et intéressant.

  3. sith dit :

    C’est maîtrisé, respectueux et très drôle. Une réussite d’écriture, de mise en scène et de direction d’acteurs rarement vue
    Comme je suis d’accord avec toi…Merci !
    ça change des commentaires de ceux qui pensaient revoir Christensen en roue libre…

  4. Tyler dit :

    Merci pour ta review Blaster, je suis totalement d’accord avec toi !
    Les 2 choses qui m’ont le plus choqué dans le film :
    – Sortir de la salle en me disant je viens de voir un Star Wars (et pas une daube ou un Star Wars « vu par ») ;
    – Rey qui moi aussi m’a impressionné de justesse.

  5. DocMarvel dit :

    petite erreur :
    …il s’agit du pirate que Maz recommande à « Finn » quand ce dernier veut prendre la fuite…

  6. Fansolo dit :

    Excellente critique dont je partage l’analyse. Bravo Blaster !
    C’est vrai que Rey se distingue de Luc par bien des points : à plusieurs reprises dans le film, elle manifeste son désir de retourner sur Jakku quand Luc disait vouloir « ne jamais retourner sur cette planète [Tatooine] ».
    Tu ne dis pas un mot de la scène finale : désir de ne pas spoiler plus ou idée derrière la tête ?
    Bon Noël













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