Instant Nostalgique : Playmobil, en avant l’histoire avec le set Royal Guard !

 

Cette semaine, l’Instant Nostalgique a reçu une participation spontanée d’un de nos fidèles lecteurs : Pascal alias KissFan, membre bien connu du forum Eternia Antique. C’est avec grand plaisir que nous vous la partageons aujourd’hui sur Toyzmag.

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source photo : KissFan

Un  jouet culte de mon enfance : La référence Playmobil 3544. Dans les archives Playmobil, on retrouve cette référence sous l’appellation Royal Guard, j’y reviendrai. La boîte est composée d’une guérite et de cinq personnages portant un Shako pour quatre d’entre eux, et un bicorne pour le dernier afin de caractériser son rang d’officier. Quelques accessoires bienvenus complètent le set : tambour, trompette, drapeau et des armes d’infanterie. Cette référence est communément rattachée au thème Pirates dans la gamme Playmobil. Elle a été commercialisée à partir de 1978, et ce pendant de nombreuses années. L’illustration principale de la boîte varie d’ailleurs selon que des versions mains fixes (Klicky) ou mobiles des personnages sont représentées.

Avec certitude, c’est une version « mains mobiles » qui m’a été offerte. Je ne rappelle plus avec exactitude de l’année, ni de l’occasion. Au milieu des années 80 certainement. Par contre, je me rappelle deux choses qui justifient l’aspect culte de ce jouet à mes yeux.

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D’une part, c’est la raison de départ, l’élément déclencheur de l’envie de posséder cette boîte: elle inclut un personnage de couleur. Jusqu’ici, j’avais déjà reçu plusieurs boîtes Playmobil et de différents thèmes (Pompiers, Police, Ouvriers pendant ma petite enfance, puis Western) mais jamais, je n’ai possédé de personnages Playmobil de couleur. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me souviens parfaitement avoir possédé une version de la référence 3544 à mains mobiles: parce que les mains de mon personnage de couleur étaient elles aussi de couleur. C’est un détail qui me reste en mémoire.

Alors, à cette période où j’avais envie de posséder un personnage de couleur pour diversifier encore un peu plus mes Playmobil, j’avais consulté les catalogues. Il y avait peu de personnages de couleur commercialisés. Mon attention s’était focalisée dans un premier temps sur les références 3528 et 3533 sur la vie africaine, mais ce thème ne possédait pas le souffle d’aventure que j’appréciais dans d’autres gammes de jouets (héroïc fantasy dans la gamme Maîtres de l’Univers, espace dans la gamme Lego, …). En plus, les sets 3528 et 3533 étaient plus chers, j’en avais conscience. Je voulais me rendre en magasin pour visualiser par moi-même les autres références susceptibles d’inclure un personnage de couleur (à cette époque, je ne possédais pas de catalogue présentant l’intégralité de la gamme, mais juste des dépliants où quelques références étaient illustrées).

Dans le magasin, je suis très vite tombé sous le charme de cette boîte. Ma mère qui m’accompagnait n’avait pas trouvé le prix trop onéreux pour l’occasion de cadeau qui lui était associée (les autres boîtes comportant un personnage de couleur étaient plus élevées), et la référence répondait parfaitement à mes attentes: un souffle d’aventure, de batailles, et un personnage de couleur (en fait une inversion de la couleur des visages habituels : la couleur noisette devenait blanche et vice versa; les pupilles étaient quand même dessinées pour ajouter encore un peu plus de charme au personnage).

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D’autre part, la seconde raison pour laquelle ce jouet a conservé beaucoup d’importance pour moi, c’est le lieu d’achat. Un petit magasin de jouets dans le centre ville de ma ville. Cette petite boutique où tout était concentré (de nombreuses références empilées sur les étagères de minuscules allées) avait un charme fou (très éloigné des supermarchés du jouet que l’on trouve aujourd’hui en périphérie des grandes villes). Ce magasin a aujourd’hui disparu depuis de nombreuses années. Je ne désespère pas un jour d’en retrouver le nom.

Pour illustrer cette référence Playmobil, j’ai pris comme d’habitude une photo du set (N.D.L.R. : photo en haut de cet article) que je possède avec la boîte, car je garde un intérêt irréductible pour les illustrations situées au verso des boîtes d’époque, un charme qui a totalement disparu des boîtes actuelles qui ne proposent plus qu’un inventaires de leur contenu.

Enfin, je conclus sur la représentation de cette garde. Malgré notamment un drapeau très détaillé (lion en guise d’armoirie associé à une couronne dessinée à chaque angle) qui laisse croire à une réalité historique, la garde Playmobil représentée est en fait assez … fantaisiste.

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Pour me conforter dans mon impression, j’ai fait une longue recherche Google sur les infanteries des 18ème et 19ème siècle. Sans grand succès (partant d’une garde anglaise, j’ai vite constaté trop de divergences), j’ai contacté par mail Monsieur Olivier Millet, un passionné d’histoire militaire et un immense connaisseur des nombreux uniformes utilisés selon les périodes, les nationalités, les régiments, etc …  Monsieur Millet a accepté de répondre à mon interrogation portant sur la référence Playmobil 3544. En guise de conclusion, je copie sa réponse, riche et précise.

 

Bonjour,

Ce n’est pas tous les jours que j’ai ce genre de demande mais cela ne me dérange nullement de vous répondre, alors j’ai consulté la référence que j’ai reconnu pour avoir bavé dessus étant beaucoup plus jeune.

Effectivement les concepteurs (allemands) de la marque se sont inspiré d’uniformes existants mais pour mélanger les genres et surtout les époques. Ainsi le lion sur le shako n’est nullement utilisé par les troupes de sa majesté, par contre le shako est proche du model stove pipe utilisé durant les guerres napoléoniennes, le plumet bleu par contre est fantaisiste à l’exception du plumet utilisé par les guards du irish guards regiment qui est le 4ème régiment de la garde britannique de la reine.

Quant à l’uniforme, il est d’inspiration 18ème siècle et plusieurs unités possédaient de tels revers de poitrine blanc néanmoins les manches bleues ne correspondent pas à la couleur des revers ce qui est étrange car c’est le principe dans l’armée anglaise: telle couleur de manche telle couleur de col. Le pantalon blanc n’est pas choquant le gris et le blanc furent largement utilisés par les troupes anglaises (manque juste les chaussures).

Le drapeau est par contre largement fantaisiste, la reprise du logo dans les 4 angles est néanmoins souvent utilisée sur les drapeaux anglais, le tambour est orné du même symbole fantaisiste et n’appelle pas de commentaires particulier fut son niveau de détail.

L’officier porte un bicorne ce qui est logique si on se réfère au shako stove pipe car c’était effectivement le cas durant la période 1800-1812 ou les officiers portaient le bicorne pour l’infanterie de ligne, le plumet rouge est encore fantaisiste, un blanc ou un blanc et rouge aurait été de mailleur aloi. Le symbole sur le bicorne est largement fantaisiste et ferait plus penser a un modèle français voir prussien. On notera que le col est de la même couleur que les manches bon point positif.

Au final la fantaisie et le mélange des genres est de rigueur dans la tenue de ces « guards » néanmoins il y a des références historiques indéniables qui ne peuvent les faire confondre avec des gardes suisses ou la garde républicaine (le rouge est bien anglais).

Cordialement, Olivier MILLET

 

Nous te remercions Pascal de ta participation à notre rubrique sur Toyzmag. Nous terminerons sur quelques visuels de catalogues présentant certaines des fameuses boîtes bleues Playmobil des années 80. Peut-être retrouverez-vous parmi ces images une boîte que vous avez eu vous aussi dans votre jeunesse.

A bientôt pour un nouvel Instant Nostalgique !

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5 Responses à " Instant Nostalgique : Playmobil, en avant l’histoire avec le set Royal Guard ! "

  1. seb ulba dit :

    Merci pour ce voyage dans le temps.
    Les Playmobil nous ont tous marqués à un moment ou à un autre. Pour moi, ce fut les Playmobil « à colorier soi-même »(j’a-do-rais !!! ) et le bateau pirate…
    Je me reconnais aussi dans ce petit garçon qui allait bavzr sur les jouets duu « petit magasin de la ville ». Aux côtés des Playmobil, se retrouvaient les Maîtres de l’Univers, les figurines de la Guerre des étoiles et autres Action Joe. Mon magasin s’appelait Cahé !
    C’était un autre époque.

    • sith dit :

      Oui bien d’accord avec l’auteur et seb ulba, l’atmosphère des petits magasins de jouets était sans égale. En effet, il y en avait partout ! Je regrette beaucoup que mon fils de 4 ans ne connaissent jamais ça.
      Pour les guards j’ai eu aussi cette boîte (ils font très Waterloo) et j’avoue que les mises en scène au dos ou sur les tranches des boîtes faisaient travailler notre imagination ( surtout les bateaux personnalisés !! photo 5)

  2. SebMcQueen dit :

    Article super agréable à lire!

    Pour moi, qui adore les Playmobil de cette époque, je reconnais que la référence 3544 est vraiment emblématique…

    L’avantage des Playmo des années 70 et 80 est qu’ils restent, encore de nos jours, relativement faciles à trouver sur la toile (même en boîte).

    J’aime le commentaire de l’historien qui admet que lui aussi a bavé sur cette référence quand il était plus jeune

  3. Blaster dit :

    Bravo pour ce voyage dans le temps exceptionnel !

  4. KissFan dit :

    Et merci à Nathalie pour l’ajout de quelques pages Playmobil extraites des catalogues de jouets d’époque :)



































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